Tatiana Trouvé. La vie étrange des choses

Tatiana Trouvé
La vie étrange des choses
Éditions Marsilio Arte / 2025 / 220 × 280 mm / 300 pages / relié / 3 langues.

Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition « Tatiana Trouvé. La vie étrange des choses » présentée au Palazzo Grassi.

Je suis très sensible au rapport que Tatiana Trouvé entretient avec les matériaux, toujours porteurs d’idées et d’histoire. Ses objets mis au rebut qu’elle collectionne et qu’elle transforme en une matière précieuse et durable nous questionne. Comment ces éléments réapparaissent ailleurs, autrement ? Ces questions m’ont passionnée. J’ai tenté de mener une réflexion parallèle autour des matériaux choisis pour le catalogue, en portant une attention particulière aux papiers utilisés.
J’ai proposé deux papiers qui faisaient écho au travail de l’artiste :
Le papier Alga Carta, utilisé pour les textes (essais, entretiens, préfaces…), a été créé à partir d’algues dont la prolifération anormale endommageait l’écosystème fragile de la lagune de Venise. Les particules d’algues sont perceptibles à la surface du papier, ce qui conserve les traces visibles de son origine. Et le papier Crush Cacao, utilisé pour envelopper la partie centrale du catalogue est un papier fabriqué à partir de déchets issus de l’industrie agroalimentaire. Dans les deux cas, le recours à des matières premières organiques recyclés permet de réduire l’utilisation de cellulose vierge dans la fabrication de la pâte à papier. Ainsi, ces deux papiers prennent tout leur sens au regard des questionnements sur la métamorphose et la transfiguration de la matière.
Cet ouvrage étant composé en trois langues, le défi était également pour moi de construire le livre autour d’une structure simple, permettant à chaque lecteur de naviguer facilement dans l’ouvrage et de retrouver sa propre langue. Grâce à l'utilisation des différents papier, rien qu’en observant la tranche du livre, l’architecture du livre est révélée.
Pour la couverture, j’ai opté pour un papier de rembordage gris bleuté, teinté dans la masse, embossé d’une trame qui évoque différentes textures – notamment celle du plâtre. Ce motif fait écho à la matière recouvrant un des bancs créés par Tatiana Trouvé (Sitting Sculpture).
Les matériaux choisis accompagnent donc discrètement le propos de l’exposition. Ils engagent le regard autant que le toucher.